Une jungle domestique
Il existe un refuge, un sanctuaire ciselé dans le calme et l’oubli. Une maison toute simple, posée sur un bout de terre comme un caillou précieux. Ici, tout est à échelle humaine, mais rien n’est insignifiant. Le jardin qui l’entoure s’épanouit en une jungle intime où le chaos a des airs d’harmonie. Tout y parle, tout y vit, tout s'y reflète—c'est un miroir, un écho à ceux qui s'y abandonnent. Au cœur de cette arche, une fontaine émerge comme un poème sculpté. Les mains de mon grand-père y ont laissé leur marque, gravé une épopée de pierres. Elle chante doucement, un murmure aquatique qui serpente entre les arbres. Le bassin, vivier d’éclats rouges et de carapaces lentes, semble lui aussi rêver. Chaque reflet sur l'eau raconte une histoire que le vent emporte. Non loin, deux vieilles chaises de jardin, fatiguées mais tenaces, attendent leurs habitués. Leur fer rouillé garde la mémoire des siècles. Elles accueillent tout : rêves éphémères, palabres entre amis, silences...