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Affichage des articles du octobre, 2025

Juste avant le port de Naples

I – Fuir, ensemble C’était un soir sans importance, un de ces soirs où Paris n’a plus d’heure, seulement des fenêtres qui fument et des pas qui traînent sur le pavé. Il sortait d’un théâtre désert, les poches vides, les mains pleines de mots. Elle riait, comme on rit pour ne pas mourir d’ennui. Il leva les yeux, elle leva les siens; il n’y eut rien d’autre à faire que de se reconnaître. C’était elle. C’était lui. Rien d’autre. Le reste, les habitudes, les visages, la ville, la pluie, tout s’effaçait comme un décor mal peint. — Tu crois aux révélations ? demanda-t-elle, sans raison. — Non. Mais je crois aux fautes nécessaires. — Alors on va s’aimer comme des coupables. — Comme des enfants qui volent des allumettes. Et tout partit de là. Il s’appelait Georges, ou disait s’appeler ainsi. Elle, peut-être Léonie. Ce n’était pas important. Leurs noms n’avaient déjà plus d’adresse. Ils décidèrent de s’enfuir parce qu’ils ne savaient plus revenir. Pas de plan, pas de valise...